
Nous sommes au mois de juin, cela fait désormais quelques mois que nous avons créé ce blog « legaltechs.fr » et nous apercevons que nous avons omis… de faire un article pour présenter ce qu’est une legaltech !
Vu le taux de rebond sur ce site, certains d’entre vous ont du se perdre sur internet et arriver sur ce blog en se disant : « Legalquoi ? ». Pas de panique, tout comme les fruits secs, c’est bon pour la santé, enfin presque… à condition de bien comprendre de quoi il s’agit.
Définition : qu’est-ce qu’une legaltech ?
Commençons en effet par définir ce qu’est une legaltech. Il existe plusieurs définitions de ce terme, aucune n’est officielle, mais on peut définir une legaltech comme une « solution technologique permettant d’offrir des services juridiques digitalisés« .
De nombreuses autres définitions existent qu’il s’agisse de définitions génériques sur Wikipedia ou encore de définitions plus scientifiques comme celle donnée par le prestigieux « international journal of law and information technology » publié par l’Université d’Oxford : « l’utilisation du digital et des technologies de l’information pour automatiser tout ou partie des tâches juridiques, offrir un support décisionnel aux professionnels du droit et donner accès à de l’information et du conseil juridique directement à des utilisateurs et clients finaux ».
Pour résumer, à l’instar des « medtech », « proptech », « martech » et autres « salestech », les « legaltech » sont des solutions technologiques (souvent des logiciels) qui automatisent et facilitent l’usage du droit.
« Legaltech » un terme aux contours multiples
On vient de définir ensemble que la legaltech est l’enfant prodigue issu de l’union entre le droit et la technologie, une sorte de Sheldon Cooper en toge qui envoie des SMS en langage juridique. En termes simples, c’est l’application de la technologie pour fournir des services juridiques. Si votre avocat se transforme en robot, c’est probablement une legaltech, ou vous regardez trop de science-fiction.
On s’imagine ainsi vite une sorte d’avocat-robot, mais en pratique les legaltechs peuvent se manifester sous de nombreuses formes, comme des plateformes en ligne pour trouver un avocat, des outils d’intelligence artificielle pour analyser des contrats ou même des chatbots qui vous donnent des conseils juridiques. On trouve même des legaltechs connues telles que Doctrine, Brighter ou encore Harvey.
Ces legaltechs sont parfois si pratiques qu’elles pourraient bientôt rendre les avocats obsolètes. On plaisante, bien sûr (quoi que..).
Bref, la legaltech, c’est de la tech appliquée au droit, avec un siècle de retard sur les autres disciplines (le droit est trèèèèès conservateur). En retard, certes, mais il est là, on applaudit bien fort. Ce train est bourré de promesses : réduire les coûts, améliorer l’accessibilité à la justice, augmenter l’efficacité et la rapidité des services juridiques. Oui, vous avez bien entendu, rapidité et justice dans la même phrase, qui l’aurait cru ?
Les legaltechs : risques ou opportunités ?
Les legaltechs ont de beaux jours devant elles, certaines deviendront – à coup sûr – des licornes.
Cependant, pour certains, c’est comme si la technologie avait réussi à s’introduire furtivement dans une vieille bibliothèque de droit et avait commencé à numériser tous les livres. Scandaleux ! Non, plus sérieusement, certains puristes ont peur que la technologie ne déshumanise le processus juridique. Quoi de plus rassurant en effet que d’expliquer votre divorce à un robot ?
Il est vrai que la legaltech apporte son lot de défis, surtout en termes de confidentialité, neutralité, ou encore de sécurité des données.
Qui est responsable si un chatbot juridique commet une erreur ? Le programmeur ? Le chatbot lui-même ? Ou le chat qui a marché sur le clavier ? Autant de questions qui alimentent les débats passionnés et les blagues de geek.
Mais il est également important de noter que le but des legaltech n’est pas de remplacer les avocats, mais de les aider. Aucun logiciel ne peut remplacer le savoir-faire, l’expertise et l’empathie humaine (du moins pour l’instant). Les legaltech sont plutôt là pour automatiser les tâches répétitives et ennuyeuses, pour que les avocats puissent se concentrer sur ce qui compte vraiment : facturer à l’heure… je plaisante ! Plutôt : résoudre des problèmes juridiques complexes et aider leurs clients.
Les legaltechs en 2023
Accès et vulgarisation du droit, accélération de la justice, augmentation de la culture et sensibilité juridique chez les particuliers comme les professionnels, etc. bref : les legaltechs sont pleines de promesses.
Avec leur aide, nous pouvons démystifier le langage juridique et le rendre accessible à tout le monde. Fini le temps où vous aviez besoin d’un doctorat en droit pour comprendre un contrat de location. Les legaltech sont comme le Google Traduction du jargon juridique, elles transforment les « Ci-après dénommé… » en « On va appeler ça… ».
Pour autant, sommes-nous sur le point de voir des tribunaux entièrement automatisés et des avocats remplacés par des robots ? Probablement pas en 2023, ni dans la décennie en cours.
Cependant, il est certain que la legaltech a le potentiel de changer la façon dont nous interagissons avec le droit, y compris à court terme. Nous n’aurons pas en 2023 un mini avocat numérique dans notre poche, mais nous pouvons déjà générer des contrats, les négocier et signer le temps d’une correspondance de train, sans même être un expert du droit.
Bref, la legaltech est un terrain de jeu passionnant et en constante évolution, sur lequel nous ne manquerons pas de publier régulièrement. Qui sait, peut-être qu’un jour, votre nouveau meilleur ami sera un assistant juridique numérique qui raconte des blagues sur les préceptes de droit civil romain. Je promets, ça serait plus drôle que ça en a l’air.
Pour conclure, la legaltech, c’est comme une bonne tarte au citron meringuée : c’est acide, c’est sucré, ça peut être un peu compliqué à réaliser, mais une fois que vous l’avez goûté, vous en redemandez. Alors, prêts à plonger dans cet univers sucré-acidulé ? À vos marques, prêts, plaidez !


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